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Home / Chez soi

Home. Some people are born in a place that feels like home, and some of us simply aren’t. For some people, home is the house they’ve lived in all their life. For others, we may search for a place like that our whole lives and never find it. For me, home is complicated. 

Home is my mother’s house, storing adolescent memories of nights coming home from the restaurant. Three dreamers in the night, our futures hanging in the frozen, frosty air. We found a home in midnight moments, sitting on my tiled kitchen floor, eating cold pizza, and sampling rum from the cupboard. We ate, we drank, we laughed, and we forgot about school the next day. 

For years, I used to find home in my father’s embrace; he felt invincible, powerful, the greatest protector one could have. Hugging him tightly with my eyes closed, breathing in the smell of smoky firewood that clung to his clothes and resting my face against the rough plaid fabric of his blue shirt, I was home. 

The truth is, I haven’t felt like I was home in a long time. I thought I’d lost the concept of home. My parents are far, my childhood is in the past, and quite simply, I’m living in someone else’s house which may never feel like home. 

Moments of home sometimes find me, but they’re fleeting. Music from the piano dancing along the walls, and the chorus of a Parisian family echoing across the apartment. Doe Re Mie gently knock on my door, singing softly, ‘you’re not alone…’ Sliding with the littlest across the wooden floor in socks, “Rafa style”; chopping vegetables shoulder to shoulder with the oldest in our tiny kitchen, Imagine Dragons playing on the speaker; laughing at the dinner table, smiles stretched across all five faces. In these moments, I feel whole, I feel loved, I feel like I’m a part of their family. I live for these moments, but they also scare the hell out of me, because I’m reminded of the fragility of it all. How our safe little Parisian apartment could be blasted into a thousand fragments, with the growth of each new leaf. Winter scares me, but spring scares me more. The frost wrapped around our apartment may have cracked the walls, but with the melting of the icicles, our protection is melting too. The snowdrops are growing but what about last year’s flowers? 

What happens when the light warmth of our laughter is no longer enough to overpower the burning hot light of the sun, that pierces through the windows, exposing everything for what it really is? What then? It feels like it’ll only take one more melted shard of ice to tip the balance of our precarious buoy. We’re floating out to sea and the iceberg is going to break soon. It’s going to break and there’s nothing I can do to stop it, no matter what I try, we’re going to break, and I don’t know which way it’s going to split. Will they stay together, or will they part? Will we find dry land again, or will we sink? 

Chez soi

Chez soi. Certaines sont nés dans un endroit où l’on se sent comme chez soi, et d’autres ne le sont tout simplement pas. Pour certaines, chez soi est la maison dans laquelle ils ont vécu toute leur vie. Pour d’autres, on peut chercher un endroit comme celui-là toute notre vie et ne jamais le trouver. Pour moi, chez moi est compliquée. 

Chez moi est la maison de ma mère, stockant des souvenirs d’adolescents des nuits rentrant du restaurant avec deux garçons de Newcastle. Trois rêveurs dans la nuit, nos futurs suspendus dans l’air glacial. Nous avons trouvé une maison dans les moments de minuit, assis sur le sol carrelé de ma cuisine, mangeant de la pizza froide et goûtant du rhum du placard. Nous avons mangé, nous avons bu, nous avons ri et nous avons oublié l’école le lendemain. 

Pendant des années, je trouvais mon chez moi dans l’étreinte de mon père ; Il était invincible, puissant, le plus grand protecteur que l’on puisse avoir. Le serrant fermement dans mes bras, les yeux fermés, respirant l’odeur du bois à brûler fumé qui s’accrochait à ses vêtements et reposant mon visage contre le tissu à carreaux rugueux de sa chemise bleue – là, j’étais chez moi. 

La vérité, c’est que je ne me suis pas sentie comme chez moi depuis longtemps. Je pensais avoir perdu le concept de chez soi. Mes parents sont loin, mon enfance est dans le passé, et tout simplement, je vis dans la maison de quelqu’un d’autre qui ne se sentira peut-être jamais comme chez moi. 

Les moments de chez moi me trouvent parfois, mais ils sont brefs. La musique du piano dansant le long des murs, et le chœur d’une famille parisienne résonnant à travers l’appartement. Doe Re Mie frappe doucement à ma porte en chantant gentiment, ‘tu n’es pas seul…’ Glisser avec la plus petite sur le plancher en bois en chaussettes, “Rafa style” ; couper des légumes côte à côte avec la plus grande dans notre petite cuisine, Imagine Dragons jouant sur le haut-parleur ; rire à la table du dîner, des sourires étendus sur nos cinq visages. Dans ces moments-là, je me sens entière, je me sens aimée, j’ai l’impression de faire partie de leur famille. Je vis pour ces moments, mais ils me font aussi peur, parce que cela me rappelle la fragilité de tout cela. Comment notre petit appartement parisien peut être dynamité en mille fragments, avec la croissance de chaque nouvelle feuille. L’hiver me fait peur, mais le printemps me fait encore plus peur. Le givre enroulé autour de notre appartement a peut-être fissuré les murs, mais avec la fonte des glaçons, notre protection fond aussi. Les perce-neige poussent, mais qu’en est-il des fleurs de l’année dernière? 

Que se passe-t-il lorsque la chaleur légère de notre rire ne suffit plus à maîtriser la lumière brûlante du soleil, qui perce les fenêtres, exposant tout pour ce qu’il est vraiment? Et alors? On a l’impression qu’il suffira d’un éclat de glace fondu de plus pour faire pencher la balance de notre bouée précaire. Nous flottons en mer et l’iceberg va bientôt se briser. Ça va casser et il n’y a rien que je puisse faire pour l’arrêter, peu importe ce que j’essaie, on va casser, et je ne sais pas de quelle façon ça va se diviser. Vont-ils rester ensemble ou vont-ils se séparer ? Est-ce qu’on va retrouver la terre ferme ou va-on couler ? 

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